On avait interviewé son petit frère il y a quelques temps. C’est désormais au tour de Guillaume de passer à l’interrogatoire ! :-).

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Guillaume 20 ans, étudiant ingé. Je prépare un BTS CRSA : Conception et Réalisation de Systèmes Automatisés. Je suis responsable scout, petit bricoleur & bidouilleur du dimanche. Bricoleur c’est un terme péjoratif selon mon grand-père !

Depuis quand es-tu abonné à zBis ?

J’ai pris mon premier abonnement début juin mais je viens ici depuis le mois de février pour le projet industriel robotique de l’école. L’ICAM est en partenariat avec zBis. On met au point une cellule de démonstration avec un robot alimentaire qu’on essaie de rendre intelligent avec un système de vision. On travaille sur ce projet depuis janvier et nous sommes venus à zBis fabriquer plusieurs pièces.

Sinon, de mon côté, ça faisait un moment que je m’intéressais à l’impression 3D. Je l’ai achetée une semaine après être passé ici. J’en ai trouvé une pas mal pour 500 euros chez M3D. Elle est arrivée début juin des États-Unis. Son nom : The Micro. Elle a été lancée via une campagne de financement participative grâce à près de 12 000 internautes qu’ils l’ont précommandée via Kickstarter pour un total de près de 3.5 millions de dollars qui ont permis de financer son développement et sa production.

Guillaume, fier propriétaire d'une imprimante 3D portable ou presque !

Guillaume, fier propriétaire d’une imprimante 3D portable ou presque !

Comment as-tu entendu parler de zBis ?

C’est Vincent Bégoc, notre professeur qui nous a aiguillé ici. Avec l’ICAM, on a signé un partenariat qui nous a permis de venir travailler sur nos projets pendant le second semestre.

Peux-tu nous détailler le projet qui t’as occupé les méninges ces derniers temps ?

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Je me suis habitué à venir quotidiennement ici pour m’amuser et toucher à tout. Puis j’ai eu une idée un jeudi soir, le 12 mars : créer des petites boucles phosphorescentes à mettre sur les ficelles des tentes pour éviter de se prendre les pieds dedans la nuit. C’est une véritable problématique pour les scouts car le matériel coûte cher et il faut le rentabiliser quand on sait qu’une tente comme celles qu’on utilise se négocie à environ 700 euros.

Dans la foulée, en quelques heures, j’ai créé des premières esquisses modélisées en 3D avec le logiciel SolidWorks. Puis j’ai pu produire les premiers protos sur la base de ces esquisses et faire quelques petits calculs et une brève étude de marché. Le soir même : j’avais une réunion planifiée avec le groupe scout. Ils ont validé mon idée. Les bénéfices serviraient à financer les camps d’été. En rentrant, j’en parle alors sur un groupe Facebook : le cercle Scout qui compte 20 000 membres. J’ai obtenu 300 likes en tout dont une centaine en 15mn !

Les boucles phosphorescentes imprimées en 3D par Guillaume.

Les boucles phosphorescentes imprimées en 3D par Guillaume.

Dans les semaines qui ont suivi, j’ai amélioré un peu le proto avant de lâcher un peu de lest, études obligent.

Il y a un peu plus d’un mois, c’était l’AG des Scouts à Paris. J’animais un stand sur l’impression 3D. Environ 800 personnes y sont passées. Pas mal de gens me demandaient où, quand et comment acheter mes tendeurs nocturnes. Je me suis remotivé et j’ai créé ma page Facebook « Tendeur nocturne » qui me sert de boutique & relation client. J’ai commencé à produire mi-mai et ai lancé les ventes le 30 mai.

Ca commence doucement. J’ai vendu 17 sachets et en ait produit une trentaine en tout. Je vends mon sachet à 5 euros, frais de port inclus. Chaque sachet contient 15 pièces. Je les imprime par série de 10, ce qui prend un peu plus de 20 minutes. En somme, j’ai de quoi produire 2 sachets dans l’heure avec une seule imprimante.

Les boucles phosphorescentes en cours d’impression.

Pour le moment, j’ai investi environ 250 euros dans le projets dont 200 euros de matière première : deux bobines à 40 euros livrées en France et une bobine achetée au prix fort aux USA (120 euros avec les frais de port/douane) car il y a une rupture de stock en France.

Le fichier 3D de la boucle est disponible et téléchargeable sur la plateforme en ligne Thingiverse qui permet de partager ses créations. L’idée est sous Creative Commons (une alternative simplifiée, moins restrictive que bon nombre de droits de propriété nationaux). Toute personne qui reproduit mon oeuvre doit me citer (droit de paternité), en faire un usage non commercial mais peut partager ou modifier la pièce autant qu’elle le souhaite.

De mon côté, j’ai également fait une enveloppe Soleau : c’est un service proposé par l’INPI et qui permet de prouver la paternité de mon projet.

Pour en savoir plus, on peut me contacter sur tendeur[point]nocturne[arobase]gmail[point]com
J’en profite pour passer un message : si quelqu’un me propose un logo pour illustrer ma page Facebook Tendeur Nocturne, je suis prêt à lui troquer quelques sachets :-).

Qu’est-ce qui t’as le plus étonné ou plu au FabLab

J’ai eu beaucoup de réponses par différents membres sur la création d’entreprise. L’avantage, c’est aussi la bonne ambiance qui règne ici : à la bonne franquette mais il y a du travail quand même et tout le monde met la main à la pâte.

Quelles sont les machines ou les outils qui t’intéressent le plus ?

L’impression 3D est celle que j’utilise le plus. J’adore regarder la découpe laser travailler aussi. Je n’en ai pas encore eu l’usage mais ça viendra.

Pour de futurs projets, aurais-tu besoin de compétences spécifiques ?

Oui  ! Je rechercher quelqu’un qui sache me faire un moule industriel ! Également, j’aimerais trouver quelqu’un avec des compétences avancées en chimie pour améliorer la phosphorescence du filament plastique avec lequel j’imprime mes boucles.

 

On remercie Guillaume pour le temps qu’il nous a accordé et son implication au quotidien ou presque dans le Lab :-). Matthieu de zBis.