Lundi et mardi derniers, une bonne partie de l’équipe de zBis et de SC21, la structure qui porte notre FabLab, se rendait dans le 10ème arrondissement à Paris dans les locaux d’Orange pour vivre un hackathon de l’intérieur !

Vous avez dit hackathon ?

Oui ! Il s’agit d’un mot-valise composé de hack et de marathon. Ici, c’est le sens noble du mot hack qui compte : celui de trouver des solutions rapides à mettre en place pour contourner des problèmes communs. Rien à voir avec l’image du vil hacker pirate tentant par exemple d’entrer frauduleusement dans le système informatique d’une multinationale pour en revendre des informations confidentielles à la mafia voisine.

Ce type d’événement s’est considérablement multiplié depuis quelques années, au point même que l’Élysée en organisait un juste avant le lancement de son projet de La Grande École du Numérique, à la mi-septembre.

Un hackathon dure généralement  deux à trois jours. Les participant-e-s, qui ne se connaissent pas forcément avant l’événement, se réunissent pour créer des prototypes ou creuser un sujet à partir de la thématique décidée en amont par les organisateurs.

Les hackathons les plus répandus sont souvent composés en majeure partie de développeurs qui, en moins de 48 ou 72 heures, parviennent par exemple à créer un site web, un objet connecté, une application innovante pour smartphones etc…

Le premier hackathon vendéen était d’ailleurs organisé à La Roche-sur-Yon lors de l’Innovation Week du 1er au 10 octobre dernier et avait pour objectif de sensibiliser les particuliers à leurs dépenses énergétiques grâce à des données fourniés par ERDF.

Women Innovation

Ces 12 et 13 Octobre, le sujet était tout autre. Nous participions au hackathon porté par le collectif Women Hackers Action Tank alias WHAT, qui rassemblait au coeur de Paris, dans des locaux d’Orange du 9ème arrondissement, plus de deux cent cerveaux bouillonnant d’idées et de motivation venus pour trouver des solutions innovantes au service des femmes et de l’équilibre des genres.

Au cours de ce Hackathon, 24 projets étaient présentés. La thématique “Hommes et Femmes innovent pour les femmes” englobait de nombreuses initiatives. Parmi les lauréats, c’est l’application mobile « Itcounts » qui a remporté la palme, en recensant les « sexe-ratio », c’est à dire le nombre d’hommes par rapport au nombre de femmes dans un même lieu/événement.

Prendre l’air et se changer les idées

Ce hackathon était l’occasion de découvrir des méthodes d’animation originales comme le début de chaque matinée qui était ponctué de quelques étirements ou même d’une séance de méditation collective, pieds nus, à 80 personnes.

Pendant les pitchs de chaque projet, ou entre les deux, toutes les idées pour se démarquer étaient bonnes à prendre : humour, vidéos, présentation théâtrales, micro-trottoir filmé à l’extérieur du lieu de l’événement…

Dans notre groupe, nous ne nous sommes pas privés de « hacker le hackathon » en faisant un peu de publicité pour notre projet dans l’ascenseur :-).

Pendant ce temps, un autre groupe utilisait nos objets connectés ramenés via zBis pour rallier la foule à sa cause.

Une aventure humaine avant tout

Les hackathons font partie de ces rares évènements, hors cercle professionnel, familial ou associatif, qui permettent le “faire ensemble” en croisant les âges, les cultures et savoir-faire.

Un constat pas si rare de notre vision des FabLabs, dont nous croyons qu’ils sont d’abord des lieux d’innovations sociales avant d’être des espaces de mise à disposition d’outils.

En soutien technique, des développeuses et développeurs de la licence pro Développeur web et web Mobile de Gennevilliers avaient d’ailleurs fait le déplacement pour s’intégrer aux différentes équipes.

Makers et hackathon

Nous ne sommes pas venus les mains vides puisque notre imprimante 3D a attiré quelques curieux. Même chose pour nos LittleBits qui nous ont permis de créer très rapidement un compteur de tweets qui réagissait au HashTag de l’événement.

Tatiana et Cloé, fidèles alliées de l’aventure zBis/SC21 ont ainsi pu passer de groupe en groupe pour parler des opportunités d’objets connectés qui pouvaient émerger de leurs projets.

À travers cet événement, nous avons pu nous rendre compte une fois de plus que le numérique irriguait la plupart des projets mais que numérique ne rimait pas forcément toujours avec objets connectés.

La question de la propriété des données sensibles était, ici aussi, un enjeu crucial en termes d’éthique : quand vous indiquez par exemple à une application smartphone votre période d’ovulation : qui peut accéder à ces données et que peut-il en faire ?

Le hackathon vu de l’intérieur

Après un temps express (30 secondes) de présentation des idées, les porteurs de chaque projets ont pu amadouer les volontaires.

Pour vivre l’expérience en immersion, Pierre-Alexis et moi-même de l’équipe zBis/SC21 nous sommes greffés au projet “Trust & Try Job” porté par Samira.

Son initiative vise à créer une plateforme en ligne mettant en relation sur le marché de l’emploi, des employeurs avec des candidats aux profils atypiques : un genre de Linkedin ou de JobBoard pour toutes celles et ceux qui ne rentrent pas forcément dans les cases en termes de diplômes ou de parcours professionnels mais qui ont de vraies compétences comme les autodidactes par exemple.

Au terme de ces deux jours de travail collaboratif, nous avons co-créé une ébauche de site web ainsi qu’une vidéo de présentation du projet :

Toutes les bonnes choses ont une fin

Après deux jours intensifs, il était déjà l’heure de rentrer dans nos contrées vendéennes. C’est Pascale Boistard, Secrétaire d’État chargée des Droits des femmes, qui clôturait la séance.

Avant de partir, chaque groupe passait l’épreuve du feu à travers :

  • une présentation publique expresse d’une minute
  • un vote collectif par post-its
  • le passage pour les 10 meilleurs projets devant un jury

Le projet « Trust and Try Job » porté par Samira et notre équipe de choc a terminé 7ème sur 24 ! Nous la félicitons et lui souhaitons le meilleur pour la suite de ses aventures !